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Culture de transit : L’élément manquant dans l’augmentation du nombre de voyageurs

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Cet article est également disponible en: Anglais, Chinois traditionnel

Dans de nombreux pays occidentaux et particulièrement aux Etats-Unis, les agences de transport cherchent à tout prix à augmenter le nombre de voyageurs. Malgré des budgets décroissants, plusieurs opérateurs ont reconnu et ont implanté plusieurs élément critiques dans la qualité d’une bonne offre de service d’autobus: abris, routes bien marquées, information abondante via des dépliants, des sites web ou des appareils mobiles. Malgré tout ça, le nombre de voyageurs demeure un enjeu, mise à part les facteurs techniques, il reste le temps, le coût et d’autres forces en présence. La façon dont on voyage est beaucoup plus qu’un simple choix de déplacement, c’est une façon de se voir soi-même ainsi que notre relation avec les gens qui nous entourent.

Dans les pays les plus riches, l’usage de l’automobile a conduit à la détérioration de la culture du transport en commun. Par exemple, dans un bureau type aux Etats-Unis, c’est commun pour les travailleurs de s’arrêter et de discuter de leurs déplacements, de se plaindre des congestions, et d’échanger sur les façon de contourner ou de prendre des raccourcis, ce qui peut avoir pour effet d’augmenter même le temps du déplacement. C’est beaucoup moins fréquent pour quelqu’un de parler de son voyage en bus ou en train, et l’effet d’avoir un bureau de travailleurs strictement en voiture encourage le désir de toujours se déplacer de cette façon.

Lorsque j’ai déménagé Buenos Aires, j’ai été surpris par l’universalité des voyages en autobus. Demandez à n’importe qui sur la rue quel autobus prendre et il saura surement vous guider. Même ceux qui se déplacent en voiture connaissent le système de bus dans leur région. On ne voit pas la réaction perplexe de celui qui s’étonne quand on dit qu’on prend le bus : « Vous voulez dire que vous n’avez pas de voiture ? »

Le sentiment de communauté est critique dans l’augmentation du nombre de voyageurs, il est aussi important que le service lui-même. Si les gens croient que leur mode de transport les isole de leurs pairs, ils feront tout pour l’éviter. D’un autre côté, une forte perception de communauté autour d’un mode de transport va encourager les gens à l’utiliser.

Malheureusement, construire une culture du transit ne peut se faire par les gestes d’une simple agence de transport ou un gouvernement. Cela nécessite un changement de mentalité auprès l’ensemble de la population pour le rendre faisable. Cependant, ce changement peut se produire à un niveau individuel. Si plusieurs d’entre nous qui évitons de parler du fait qu’on prend le bus pour aller travailler, décidons de le verbaliser, nous allons nous rapprocher petit à petit d’une vraie culture du transit.

Drew Reed est producteur media web. Il est un activiste spécialisé dans les transports durables et vit à Buenos Aires. Il étudie l’implantation des voies cyclables et les enjeux du transport à l’université de Buenos Aires.

Traduit de l’anglais par Felicia Todor.