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Débloquer les futurs réseaux cyclables grâce aux premières cartes générées en crowdsourcing

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Cet article est également disponible en: Anglais, Chinois traditionnel, Espagnol

De Rachel Smith - planificatrice principale des transports chez AECOM à Brisbane, fondatrice de Cycling Super Highways, créatice de We Heart Cycling, co-fondatrice de Lazy Sunday Cycle,  curatrice art+place, membre du BMW Guggenheim Lab et blogueuse vélo.

En 2011, j’ai mené une analyse sur les options de pistes cyclables en Australie pour un client du secteur public. Mon client pensait que le nombre d’options serait limité et j’étais d’accord sur le fait que la topographie, les volumes de circulation et la visibilité aux intersections ne seraient pas perçus comme les plus propices au cyclisme, surtout pour les cyclistes les moins confiants. Notre équipe téméraire, enthousiaste et composée de novices dans le domaine, inspecta et fit du vélo dans chaque rue de la zone d’études. Nous avons codé par couleur chaque rue en fonction de notre expérience et utilisé cinq critères d’évaluation tout en découvrant qu’il y avait beaucoup plus d’options que ce que nous avions envisagé au départ. Notre client était excité par notre expérimentation tactique mais malheureusement notre carte papier encodée par couleur n’avait qu’un usage limité. Quand j’ai été approchée pour produire le projet «hors de la ville» à Berlin, pour le laboratoire BMW Guggenheim, j’ai sauté sur l’opportunité d’expérimenter des cartes cyclables.

La Carte de connexion dynamique est une première expérience mondiale d’impartition de services et d’information (processus qui implique des tâches de sous-traitance confiées à un ensemble donné de personnes, crowd-sourcing) et de résolution par la foule (un grand nombre de personne contribuent à la résolution de problèmes) concernant le cyclisme fondé sur une carte interactive de la ville de Berlin. Alors que les efforts traditionnels en cartographie montrent les conditions actuelles et le type d’infrastructures disponibles sur des routes données, la carte de connexion dynamique permet aux cyclistes confiants, qu’ils soient réguliers ou occasionnels, d’évaluer l’actuel réseau de pistes cyclables berlinois, de noter les rues en fonction de l’accueil réservé aux vélos, et, grâce au traitement des données, de débloquer un futur réseau cyclable potentiel.

La carte de connexion dynamique permet à tous de noter les différentes rues berlinoises sur leur sécurité et leur ouverture au vélo, en répondant en moins de trois minutes à cinq questions simples. Premièrement, et pour s’assurer que le questionnaire est rempli par une grande part de la communauté, les participants sont questionnés sur le type de cycliste qu’ils sont. L’enquête définit quatre profils types de cyclistes : les cyclistes «confiants» qui  ont une grande expérience du cyclisme sur route avec de la circulation et qui se dirigent vers les itinéraires les plus directs et rapides; les cycliste «réguliers» qui choisissent de rouler sur des voies dédiées au vélo ou sur des pistes cyclables; les cyclistes «potentiels» qui s’intéressent au vélo mais sont inquiets de la densité de la circulation et de la sécurité; et les personnes qui ne font pas de vélo et ne sont pas intéressés par le fait d’en faire.

Il est demandé aux participants de choisir une route ou une rue en cliquant sur une carte google map. Dans les deux questions suivantes, les répondants sont interrogés sur ce qu’ils pensent de l’accueil fait aux vélos sur les routes qu’ils ont sélectionnés selon les volumes de trafic, la vitesse des véhicules, le nombre de voitures stationnées, la visibilité aux intersections, la topographie ainsi que sur le fait de savoir si les routes sélectionnées fournissent un bon accès à un nombre important de destinations comme les écoles et les lieux de travail. Dans les deux dernières questions, il est demandé aux participants s’ils se sentent en sécurité, ou stressés lorsqu’ils font du vélo aux intersections et dans les rues sélectionnées. Les informations collectées sont traitées en utilisant un algorithme qui détermine si chaque rue est accueillante pour le vélo (verte) ou inhospitalière (rouge). Les participants, les planificateurs, les décideurs publics et les personnes simplement intéressées par le cyclisme  peuvent filtrer les données en fonction de leurs besoins personnels, par exemple des rues avec des croisements sûrs.

Ce projet m’intéresse car les gens de n’importe quel profil et provenance, et non seulement les ingénieurs, évaluent les réseaux cyclables existants. Ils évaluent les rues existantes qui n’ont pas d’aménagements et créent, effectivement, en communauté une carte des rues les plus sûres pour le vélo.  Et, comme l’a écrit, Christine McLaren, blogueuse du laboratoire  BMW Guggenheim : «peut-être que le défaut le plus flagrant de toutes ces cartes est qu’elles reconnaissent les tracés officiels mais aussi les chemins qui doivent quitter le réseau officiel d’infrastructures afin de nous rendre là où nous devons aller. Nous n’avons pas seulement besoin d‘information sur les voies cyclables, nous avons besoin d’information sur toutes les voies.»

J’ai créé la Carte de connexion dynamique dynamique en tant que membre du BMW Guggenheim Lab en collaboration avec John Schimmel, professeur adjoint à l’université de New York et designer et développeur de technologies pour les personnes souffrant de handicaps ; et Dave Dawson, un designer graphique et digital. Les connexions dynamiques sont actuellement seulement disponibles à Berlin et la carte ainsi que les processus l’accompagnant sont encore au début de la phase exploratoire. Nous aimerions ajouter des données sur les accidents, un formulaire de commentaire et un forum de discussion, avec en vue la possibilité de finir par ouvrir la carte à une utilisation dans chaque commune ou ville dans le monde.

Traduit de l’anglais par Elvire Bornand.