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Comment le Grand Central de New York survécu à la démolition et devint centenaire

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Cet article est également disponible en: Anglais, Chinois traditionnel

Peu de temps après son inauguration en 1913, la gare Grand Central est devenue l’un des plus importants lieux publics des États-Unis et une icône des transports modernes. Dans les années 1940, toute pièce radiophonique digne de ce nom commençait par le sifflement d’une locomotive et un annonceur criant «Gare de Grand Central ! Tout comme une balle à la recherche de sa cible, les rails brillants de tous les coins du pays sont attirés par la gare de Grand Central, gare d’une des plus grandes villes de la nation».

Trente ans plus tard, des urbanistes ont souhaité démolir Grand Central et la remplacer par une tour à bureaux.

En vérité, l’endroit était miteux. C’est ce que dit Kent Barwick, un ancien chef de la commission de préservation de la ville de New York et un acteur majeur des efforts effectués pour empêcher la destruction de la gare et son remplacement par un tour à bureau. «C’était assez poussiéreux et les fenêtres étaient cassées», c’est ainsi qu’il se rappelle de Grand Central à l’époque. «Il y faisait sombre et c’était parsemé de publicité. Et il n’y avait aucun commerce à l’exception de deux kiosques de presse qui proposaient des sandwiches immangeables et du café imbuvable».

(Nous avons couvert plusieurs articles sur le Grand Central l’année passée, une visite de l’horloge de Grand Central avec l’auteur de L’invention d’Hugo Cabret, Brian Selznick ici et de beaux vidéos des coulisses montrant les secrets de Grand Central ici.)

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Le combat commence

La gare était la propriété de La société Penn Central Railroad, une société en déclin à cause du mouvement américain vers la banlieue et de ses impacts sur les déplacements en voiture. L’importante révision du Interstate Highway Bill, la loi sur les autoroutes inter-états, a également mené à la mort des voyages en train de longue distance. En 1975, Penn Central était au bord de la banqueroute et impatiente de réaliser une opération immobilière juteuse à Manhattan. La société proposa donc de faire de Grand Central ce qui avait été fait de Penn Station : vendre la propriété à une société qui démolirait l’oeuvre des Beaux-Arts pour ériger une tour d’acier et de verre.

Mais Grand Central, à la différence de Penn Station était un monument protégé.

Les propriétaires portèrent l’affaire devant la cour suprême, défendant que la loi des monuments protégés était inconstitutionnelle. Les chemins de fers l’emportèrent et lancèrent la destruction de Grand Central. Les militants de la préservation du monument poursuivirent le combat.

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Barwick et ses collègues de la société municipale des arts convoquèrent une conférence de presse précipitée au sein de la gare, dans l’Oyster Bar. Le patron de Barwick, Brendan Gille, prit la parole en premier. «Si nous ne pouvons sauver un bâtiment comme celui ci, que pouvons-nous faire ?» demanda-t-il ?

Les militants savaient qu’ils ne se battaient pas seulement pour sauver un bâtiment mais la loi de préservation des bâtiments elle-même. Et ils connaissaient également la manière dont la presse les décrivait, comme «une bande de New-Yorkais bien connus», certains de leurs opposants les dépeignaient comme une élite qui souhaitait figer New-York dans l’ambre. L’ancien commissaire aux problèmes des consommateurs, Bess Meyerson, parla ensuite en caractérisant le problème.

« Ce n’est pas vraiment une question de changement, dit-elle. S’il y a bien une ville qui comprend le changement, c’est bien notre ville. Mais je pense qu’il est plus que temps de nous poser une question cruciale : le changement pour y faire quoi ?»

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Cause célèbre

L’intervenant suivant était Jacqueline Kennedy Onassis dont la présence transforma la conservation d’une cause poussiéreuse à une cause glamour. «Je pense qu’avec un grand effort, même de dernière minute, on pourra réussir, et c’est ce que nous allons faire.», déclara-t-elle.

Le New York Times l’a mise à la une le jour suivant, pointant son éloquence autant que «son tailleur deux pièces orné d’une lourde et longue chaine en or». L’effort pour sauver Grand Central devint alors une cause nationale.

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Barwick se souvint qu’Onassis avait également écrit une lettre au maire Abe Beame et que cette lettre commençait par « Cher Abe, comme le président Kennedy aimait la gare Grand Central…» Barwick ajouta en riant «Je ne sais pas et je n’ai pas besoin de savoir si le Président Kennedy s’est déjà exprimé sur le sujet».

Peu de temps après, Beame dit que les avocats de la ville ont fait appel de la décision de la cour suprême et gagnèrent. L’affaire fut portée devant la cour suprême des États-Unis en 1978. Penn Central revendiquait de nouveau qu’ils devraient être autorisés à faire ce qu’ils voulaient de leur propriété. Les avocats de la ville de New York dirent que la ville avait le droit de réguler l’usage de la terre à travers la loi sur la préservation des monuments.

Le verdict

La justice se plaça du côté de la ville. La gare de Grand Central fut sauvée et au début des années 1990, une rénovation fut initiée pour lui rendre son lustre passé. Penn Central Railroad devint finalement Metro -North, qui l’année dernière avait enregistré 83 millions de passagers.

Barwick dit qu’aujourd’hui la ville ne pourrait s’imaginer sans la gare de Grand Central. «Vous voyez toujours des New-yorkais qui réclament un droit sur ce bâtiment, il nous appartient!».

La gare Grand Central a fêté ses 100 ans le 1er février 2013.

De Jim O’Grady at Transportation Nation – un site partenaire de This Big City.

Images via Remote Sky, Trodel et loop_oh

Traduit de l’anglais par Elvire Bornand.