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Oubliez l’acier et le verre. Les grattes-ciels du futur seront-ils faits de bois ?

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Cet article est également disponible en: Anglais, Chinois traditionnel, Espagnol

De Laura Dixon chez Green Futures

Oubliez l’acier et le verre (le Shard), ils ne seront peut être pas les matériaux de construction du futur. Les architectes reconsidèrent les atouts du bois, grâce aux innovations de l’ingénierie de construction. Une étude open-source publiée par Michael Green de MGB Architecture and Design démontre que le bois de construction est «une alternative sûre, économique et respectueuse de l’environnement pour les structures des grands immeubles».

Ce n’est évidemment pas la première fois que de magnifiques tours en bois sont envisagées. Le Japon peut se targuer de ces pagodes de 19 étages, construites il y a 14 siècles et encore debout malgré un climat humide et des risques sismiques. La différence est qu’aujourd’hui, selon Green, les nouvelles techniques d’ingénierie du bois de construction permettent d’envisager ce dernier comme un matériau viable pour des immeubles de plus grande envergure.

L’étude fournit les schémas structurels d’un concept de gratte-ciel de 30 étages, baptisé Grand bois, destiné à la ville de Vancouver.  Ceci est basé sur trois nouveaux produits de bois de construction : il y a d’abord le bois d’œuvre laminé croisé, fait de strates de bois à 90 degrés ;  ensuite la mèche de bois faite d’une matrice de particules fines ; et finalement du placage laminé fait de laminages fins – un peu comme le « plywood » mais à une plus grande échelle. Selon le rapport, on retrouve parmi les avantages de ces produits les performances en matière de structure comme de stabilité ainsi que la résistance au feu (tests effectués sur le composite stratifié) en passant par l’insonorisation.

Ces techniques ont été appliquées et testées par l’architecte Andrew Waugh sur un immeuble résidentiel londonien de 9 niveaux, le Stadthaus, l’échelle est plus petite mais n’en est pas moins impressionnante (photo ci-dessus). C’est actuellement la plus grande structure d’immeuble moderne en bois dans le monde. Quant aux avantages commerciaux compétitifs du matériau, les 29 appartements ont été vendus en à peine en 90 minutes.

Mais quels sont les avantages environnementaux ? Waugh estime que dans sa durée de vie, la structure en bois de l’immeuble stockera plus de 186 tonnes de carbone, cela s’ajoute aux 125 tonnes équivalent CO2 qui ont été économisées pendant la construction en ne recourant pas aux techniques traditionnelles du béton. Waugh revendique aussi des avantages économiques. Même si le bois est une matière première un peu plus chère que le béton, c’est un matériau plus rapide à travailler et qui nécessite des fondations moins importantes.

Nigel Sagar, responsable senior développement durable chez Skanska confirme le potentiel du matériau. «Le bois gagne sur toute la ligne du point de vue du développement durable… C’est une ressource renouvelable qui peut être recyclée et réutilisée en tant que telle mais aussi après avoir servi de structure à la fin de la durée de vie de l’immeuble. C’est aussi un bon produit en terme de traçabilité à travers les circuits de conservation comme FSCPEFC.

Notre capacité à tirer partie de l’ingéniosité immanente d’un arbre et ce avec une gestion responsable des forêts visant à maintenir l’écosystème, marque le commencement d’un redressement des pratiques modernes de construction», déclare-t-il.

Cet article est paru une première fois dans  Green Futures, le magazine des experts indépendants du développement durable. Photographie publiée avec l’aimable autorisation de Estatesgazette sur flickr.

Traduit de l’anglais par Elvire Bornand.