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Récréer du lien social malgré le chaos: histoires de résilience sociale de Christchurch à Katmandou

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Cet article est également disponible en: Anglais, Espagnol

Les villes sont des boîtes de Pandore emplies des histoires et souvenirs de leurs habitants. Les espaces publics renforcent le sentiment d’appartenance à une société, le vivre-ensemble et la mémoire. Lors d’une catastrophe naturelle et dans les jours qui suivent, le sentiment d’appartenir à une communauté contribue au processus de reconstruction de ce qui a été perdu et à la rénovation des espaces endommagés. Dans ces moments, des souvenirs écologiques et sociaux émergent. La coopération et la collaboration facilitent l’émergence de capacités collectives et permettent au voisinage et aux habitants de reconstruire les espaces qu’ils aimaient, générant un sentiment de communauté malgré la crise. Les réponses collectives à l’adversité après une catastrophe vont souvent prendre place dans les récits et les espaces publics, entre les décombres et les ruines.

Katmandou est l’une des aires urbaines qui connaît la plus forte croissance en Asie du sud. C’est aussi l’une des villes les plus vulnérables aux tremblements de terre au monde. La croissance rapide de Katmandou a entraîné une urbanisation favorisant la vulnérabilité. Lors du tremblement de terre, lorsque la catastrophe a secoué la capitale du Népal, les logements de plus d’un million de personnes ont été ensevelis. Alors que nous sommes inondés d’images de mort et de destruction, une résilience sociale émerge au Népal, largement absente des photos et tweets partagés. Le podcast “Home of the Brave” (pays de héros) raconte de vraies histoires vécues par de vrais habitants, et relate des expériences de résilience sociale face à l’adversité faisant suite au tremblement de terre.

Des manifestations, transformations politiques et projets communautaires au Japon post-Fukushima, aux plate-formes en ligne permettant aux victimes de récents feux de forêt dans la ville du Cap de partager leurs expériences, des histoires de résilience et de renaissance et des projets à forte valeur sociale se révèlent dans les espaces micro-urbains, les rues et les espaces publics.

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Image fournie avec l’autorisation de www.candychang.com

J’aimerais que ceci soit _______ est un projet artistique participatif créé par Candy Chang. Ce projet invite à la participation citoyenne en s’appuyant sur l’efficacité du collectif et sur l’attachement aux lieux. Il cherche aussi à générer une discussion sur des sujets comme la cohésion sociale ou l’avenir des quartiers suite à l’ouragan Katrina.

Tandis que les Haïtiens luttent encore cinq années après le tremblement de terre dévastateur qui à détruit Port-au-Prince et ravagé l’île caribéenne, la restauration des espaces publics à apporté un sentiment d’appartenance à une communauté ainsi qu’un sentiment de cohésion sociale et ce, malgré les ravages encore visibles du tremblement de terre.

La reconstruction de la sphère collective dans un contexte post-catastrophe est un processus long. Mais des projets de rénovation urbaine, comme ceux du Parc Martissant et du Marché de Fer, contribuent à la revitalisation des espaces publics et génèrent du collectif en reconstruisant des environnements urbains socialement intégrés et résilients en Haïti.

A la suite du tremblement de terre de Christchurch en Nouvelle-Zélande, des processus de rénovation urbaine créatifs continuent à donner naissance à de nouvelles histoires et recréent de la connectivité urbaine. Les interventions urbaines mises en œuvre au cœur des espaces publics de Christchurch – à l’instar des projets éphémères “Gap filler” (bouche-trou) et des efforts de reconstruction communautaire de “Future Christchurch” (Christchurch du Futur) – apportent de la créativité et de la vie aux espaces vacants de la ville, favorisent la prise de pouvoir collective et donnent l’opportunité aux habitants de prendre part à la reconstruction de leur ville.

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Images de Gap Filler

Lendemains: Catastrophe, Résilience et Reconstruction est un projet basé en Australie mettant en avant des histoires de résilience et de reconstruction post-catastrophe, comme par exemple à la suite d’inondations et de feux de forêts, véritables malédictions affectant l’ensemble du territoire australien avec une fréquence croissant d’année en année. « Sandy Stories” (histoires de Sandy) utilise une plate-forme de cartographie participative afin de partager des récits pleins d’inspiration, mettant en avant la force du collectif et la solidarité ayant touché les rues de New York à la suite de l’ouragan Sandy.

Le tremblement de terre de Loma Prieta en 1989, fit avorter un projet de réseau autoroutier tentaculaire qui devait traverser le quartier de Hayes Valley à San Francisco. Face à ce revirement, un projet de voie rapide aérienne se transforma en boulevard de quartier animé.

A Gyumri, en Arménie, après le tremblement de terre dévastateur de 1988, des projets d’espaces publics ont revitalisé la ville et permis de reconstruire une vie publique.

Recréer du lien social malgré le chaos

Il est difficile de mesurer l’étendue des dégâts causés par le tremblement de terre au Népal. Des structures comme « Kathmandu living labs » (laboratoires vivants de Katmandou) travaillent d’arrache-pied pour cartographier les dégâts causés par le tremblement de terre. Beaucoup de sites de Katmandou, classés au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, sont désormais en ruine, et les journaux font dans la surenchère d’images apocalyptiques de la catastrophe. Mais il reste pourtant l’espoir de recréer du lien social, après et malgré le chaos.

“Ce sentiment renouvelé d’appartenance pourrait bien être ce qui permettra au Népal de traverser, reconstruire et renaître de cette crise” – « Recovery in Nepal » (la reconstruction au Népal), The New Yorker, le 5 mai 2015

Brittany Morris est fascinée par les relations et structures entre les êtres humains et leur environnement naturel et bâti. Elle s’intéresse à l’environnement urbain inclusif, aux espaces publics et à l’engagement citoyen participatif.

Image en en-tête de e-architect

Traduit de l’anglais par Yaël Raffner