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Zones urbaines et maisons flottantes à l’épreuve du climat

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Cet article est également disponible en: Anglais, Chinois traditionnel, Espagnol

De Vi Nguyen chez Green Futures

La vague d’inondations qui a touché la Grande-Bretagne en avril dernier, a une fois de plus attiré l’attention sur la vulnérabilité des habitations dans les zones basses ou proches du niveau de la mer. Face aux images d’habitants vidant leurs maisons, des voix se sont fait entendre pour réclamer l’interdiction de construire de nouveaux logements dans les zones inondables.

Et si les maisons pouvaient monter et descendre au rythme de l’eau? C’est ce qu’a imaginé Baca Architects, concepteurs de la première « maison amphibie » du Royaume-Uni, et qui viennent de recevoir le permis de construire pour un site proche de Marlow, sur les rives de la Tamise, dans le Buckinghamshire.

La structure en bois léger repose sur une base flottante en béton, conçue au sein d’une fondation « wet dock ». En cas d’inondation, la base en béton se soulève, laissant le « dock » se remplir d’eau, permettant à la maison de flotter en toute sécurité au-dessus des flots. La base en béton qui agit en véritable ponton flottant peut ainsi durer une centaine d’années avant d’avoir besoin d’être changée ou remplacée.

Les maisons amphibies ont déjà fait leur apparition aux Pays-Bas, où elles ont prouvé leur efficacité. La compagnie néerlandaise Deltasync a même utilisé leur succès comme modèle pour son ambitieux projet de ville flottante [voir Floating cities a vision of the future]. Les maisons conçues par Baca reposent sur le même principe que celles des Pays-Bas, mais seront les plus grandes maisons amphibies jamais construites. Les travaux doivent commencer dans le courant de l’année.

Avec un coût estimé à 1.5 million de livres (environ 1.9 million d’€), ces maisons chics et de bonnes tailles coutent en moyenne 20 à 25% plus cher à construire. Mais cela ne pourrait être qu’un début, Baca Architects a expliqué avoir d’autres projets amphibies dans leurs tiroirs. Leur collaboration avec le projet « Climate Adaptative Neighbourghoods » (CAN) les a conduits à développer plusieurs stratégies pour concevoir des habitations résistantes aux flots dans la plaine inondable de Norwich.

Le développement de constructions résistantes aux risques naturels est un domaine qui intéresse de plus en plus les architectes et urbanistes. L’architecture amphibie rejoint ainsi les jardins de pluie, toitures végétales et autres pavés perméables dans la liste des technologies développées. McBain, spécialiste en gestion et évaluation des risques d’inondation chez Arup, leur reconnait « une véritable place dans un ensemble de mesures qui peuvent être prises pour améliorer la protection face au risque d’inondations ». Toutefois, le risque d’inondation en Grande-Bretagne est différent de celui des Pays-Bas, « les rivières sont plus petites et plus prévisibles en cas de fortes dépressions, et l’amplitude des mouvements d’eau y est régulièrement plus important ». Une évaluation juste et vigilante des risques demeure avant tout essentielle.

Cet article est apparu à l’origine dans Green Futures, le magazine des experts indépendants en développement durable, Forum for the Future. Image courtoisie de Adrian Purser sur flickr

 Traduit de l’anglais par Bastyen Vandrille.